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"A l’atzar agraeixo tres dons : haver nascut dona, de classe baixa i nació oprimida. I el tèrbol atzur de ser tres voltes rebel." - Maria-Mercè Marçal -

25.02.07

Anarchie ou Anomie ?

L'anomie :

L'anomie (du grec an- : absence de, et nomos : nom, loi, ordre, structure) est une situation de désordre social, sans lois, sans règles, où les différents se régleraient par la seule violence physique (armée ou non). C'est une dissolution des normes sociales, règles, lois, coutumes : cette situation peut être liée à une volonté de domination réciproque de plusieurs pouvoirs concurrents, à une réaction de désespoir face une société moribonde.

Le terme anomie est aussi utilisé pour désigner des sociétés ou des groupes à l'intérieur d'une société qui souffrent du chaos dû à l'absence de règles communément admises implicitement ou explicitement de bonne conduite ou, pire, dû au règne de règles promouvant l'isolation ou même la prédation plutôt que la coopération.

L'anarchie :

L’anarchie (du grec an-, préfixe privatif : absence de, et archos, le commandement, ou « ce qui est premier ») désigne la situation d’une société où il n’existe ni autorité, ni pouvoir, ni domination, ayant un caractère coercitif, ni non plus une quelconque hiérarchie entre les hommes et les femmes. L’anarchie peut étymologiquement également être expliquée comme le refus de tout principe premier, de toute cause première, et comme revendication de la multiplicité face à l’unicité.

Le mot anarchie est souvent employé comme un repoussoir par des personnes considérant essentiel le principe fondamental d’autorité pour indiquer une situation de désordre, de désorganisation, de chaos, sur la base de l’hypothèse implicite que l’ordre nécessite une hiérarchie. On retrouve déjà dans le Littré (le mot est très peu usité avant le XVIIe siècle) la définition de l’anarchie comme « absence de gouvernement, et par suite désordre et confusion ». Par extension ce sont toutes les formes de trouble et de désordre qui sont appelées anarchie ; c’est cette façon d’employer le mot qui prévaut dans l’usage courant, comme dans la plupart des dictionnaires. Le poète Armand Robin (1912-1961) définit "l'anarchiste" comme celui qui est "purifié volontairement, par une révolution intérieure, de toute pensée et de tout comportement pouvant d'une façon quelconque impliquer domination sur d'autres consciences".

À ce sujet, bien que Anomie soit mieux adapté, le terme « Anarchie » est utilisé systématiquement par les pouvoirs pour indiquer une situation politique qu’ils ne maîtrisent pas (et qu’ils désireraient maîtriser), où leur pouvoir politique est en difficulté (du fait de leur hiérarchie).

Utilisation péjorative du terme « anarchie » :

Bien souvent, le terme « anarchie » est utilisé pour décrire le chaos, les guerres civiles et les situations de désordre social.

On peut y voir deux raisons.

La première, sans doute la moins importante, provient du terme « anarchie », interprété comme l’absence d’ordre, de règles et de structures organisées, bref : le chaos de l’anomie sociale. Ce n’est pourtant pas ce que prônent les anarchistes. Pour éviter cette confusion entre anarchie politique et anomie, confusion qui dénature les idées de l’anarchisme, les anarchistes utilisent parfois le mot « acratie » ou libertaire (terme inventé par Joseph Déjacque, défenseur de la liberté politique), comme synonymes d’anarchiste.

La seconde, plus concrète et plus forte, provient des luttes anarchistes au tournant des XIXe et XXe siècle en Europe. À cette époque, le mouvement anarchiste a été marqué par les illégaux ou illégalistes qui voulaient sans attendre pratiquer l’anarchisme (et donc ignorer purement et simplement les « lois », considérées comme illégitimes), le diffuser (théorie de la propagande par le fait) et lutter activement contre les oppressions, y compris par la violence. Concrètement, des anarchistes ont escroqué, volé et tué au nom de leur doctrine, avec comme victimes des puissants (princes, ministres, riches, compagnies d’assurances, etc.), des serviteurs de l’État (douaniers, policiers, etc.), et des gens plus ordinaires. Quelle qu’ait été l’importance réelle de ce courant, il a énormément frappé les esprits. Par ailleurs et inversement, par non violence, des anarchistes pacifistes, refusaient la conscription et pratiquaient l’insoumission : dans le contexte de l’époque, cela était aussi (voire plus !) insupportable. Tout cela a justifié des « lois scélérates » à la fin du XIXe siècle dans de nombreux pays et stigmatisé l’ensemble des anarchistes, tandis que « anarchiste » ou « Ravachol » devenait une injure.

  L’usage du terme libertaire s’est d’ailleurs répandu en France avec l’interdiction des mots de l’anarchisme, pour des raisons sociales et juridiques (être l’auteur de « propagande anarchiste » est resté passible de prison jusqu’en 1994).

L’anarchie, société libertaire :

L’anarchie aux yeux des anarchistes n’est pas un chaos, mais la situation harmonieuse résultant de l’abolition de l’État et de toutes les formes de l’exploitation de l’homme par l’homme, "c'est l'ordre sans le pouvoir", "la plus haute expression de l'ordre" (Elisée Reclus). Basée sur l’égalité entre les individus, l’association libre, bien souvent la fédération et l’autogestion, voire pour certains le collectivisme, l’anarchie est donc organisée, structurée, sans admettre pour autant, aux yeux des anarchistes anticapitalistes, de principe de supériorité quelconque de l'organisation sur l'individu.

Expériences historiques

L'Anarchie a été appliquée, à des degrés divers :

En périodes révolutionnaires :

  • Durant la Commune de Paris (qui est tout autant revendiquée par les socialistes que les communistes) en 1871.
  • En 1911, essai de création d'une « république socialiste de Basse-Californie », notamment par les frères Flores Magón.
  • En 1914 Partie de Ghadar - l'anarchisme aryen de Lala Hardayal a motivé 8.000 Indiens pour retourner en Inde d'Amérique du Nord pour débarrasser le pays des oppresseurs anglais et pour instituer une société basée sur une vision de l'anarchisme enracinée dans les écrits védiques.
  • Pendant la Révolution russe, en Ukraine, Nestor Makhno conduit la Makhnovchina pendant deux ans (1918-9). Par ailleurs, la pensée libertaire était fortement présente lors de la Révolte de Kronstadt(mars 1921).
  • En Bavière, en 1919, les anarchistes Gustav Landauer et Erich Müsham participent activement à la république soviétique de Bavière.
  • Lors de la Révolution espagnole (1936-38), dans certaines régions (Catalogne, Andalousie, Levant, Aragon, etc.)
  • Durant la guerre 1939-45, en Italie, création, par des résistants, d'une république libertaire près de Carrare.

En périodes non-révolutionnaires :

  • L'État libre islandais (Þjóðveldisöld en islandais) de 930 à 1262 avec l'Althing et les goðar.
  • Au Brésil, en 1891, dans le Parana, création de la colonie de la Cecilia.
  • Au Paraguay, en 1896 Création de la coopérative Cosme.
  • Au Mexique, en 1881, création de la métropole socialiste d'occident.
  • En Espagne, fin du XIXe siècle, création de La Escuela moderna par Francisco Ferrer
  • En France, fin XIXe siècle et début XXe siècle, création de diverses colonies libertaires (Aiglemont, Vaux, Saint-Maur, Cempuis, etc.)
  • En France, en 1904, création de l'école libre La Ruche (près de Rambouillet).

Période contemporaine

En d'autres lieux et des périodes plus récentes, certains peuples se sont inspirés en partie de certains principes de l'anarchie :

  • La commune d'Atenco au Mexique (2002-2003) qui vécut sans autorité communale, voire la combattit (autant que celle de l'État) pendant plus de deux ans et autogéra la commune ;
  • Les communes libres de Kabylie (depuis 2001) ;
  • La crise argentine depuis fin décembre 2001, où une grande partie de la population manifeste quasi quotidiennement avec pour slogan « ¡ Que se vayan todos ! » (« Qu'ils s'en aillent tous ! »), s'organise en assemblées de quartier, et pratique l'autogestion (usines et supermarchés occupés et autogérés).
  • La commune libre Christiania à Copenhague au Danemark, expérience d'un squat autonome/autogéré ;
  • Diverses expériences lors de la révolte de mai 68.
  • Écovillage
  • Free party
  • Squats

( source : wikipedia)

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